“Pour connaître un mortel, donne-lui du pouvoir.”
Pittacos
“Le vrai pouvoir, c'est la connaissance.”
Francis Bacon
“Notre pouvoir scientifique a dépassé notre pouvoir spirituel.
Nous savons guider des missiles mais nous détournons l’homme de sa voie.”
Martin Luther King
Sans le pouvoir, nous serions comme les plantes et les rochers : nous ne ferions qu’être là, ballottés passivement au fil des cycles de l’univers, dans la course des éléments, possédant tout au plus une forme de résistance temporaire, une inertie anonyme et sans intention. Mais le pouvoir est plus que l’énergie électrique de la vie : il est la possibilité d’imposer sa volonté sur les autres, sur le monde ou sur soi-même, selon que l’on cherche un pouvoir politique, technique ou magique ou, plus humblement, l’autonomie.
Des super-pouvoirs du héros altruiste à l’idée d’offrir aux gens un pouvoir sur eux-mêmes (l’intraduisible to empower), en passant par le pouvoir dur et le pouvoir mou, le pouvoir donne l’impression d’un fluide qui passerait de main en main, d’arme en sceptre, d’uniforme en billets de banque, adaptant à chaque fois sa forme aux situations dans lesquelles il s’exerce sans s’arrêter, sous peine d’évaporation progressive.
L’appétit, la soif de pouvoir, ou simplement le désir de justice inspirent l’envie de comprendre les mécanismes par lesquels le pouvoir s’obtient, s’exerce et se conserve. Pour les ambitieux, voici trois pistes : le pouvoir a une limite, celle de la frontière ou de la loi ; il a sa contrainte, force physique ou peur du châtiment ; il a son idéologie, justification plus ou moins fondée de son origine. Il a enfin ses montages, méthodes et symboles, pour articuler le tout.
Malheureusement, on n’arrête pas le pouvoir comme cela : la volonté de puissance peut dégénérer en maladie. Le biopouvoir, cadeau empoisonné, rivalise avec l’omnipotence de Dieu. Démocratie, bureaucratie, technocratie renvoient chacune à un essai de brider l’animal indomptable, ou de le nourrir, et la faillite des hiérarchies redonne force au désir d’anarchie. Le plus difficile quand on a le pouvoir, c’est peut-être de ne pas se laisser dominer par lui.
Questions principales
Quels sont les fondements et l’origine du pouvoir ?
Le pouvoir est-il intrinsèquement lié à la violence ?
Faut-il chercher à abolir le pouvoir ou plutôt à le rendre juste ?
Comment expliquer le désir de pouvoir chez l’être humain ?
Ouvrages-clés
Références
Organisé de manière indépendante, le café philo d’Antibes vous propose de vous retrouver une fois par mois pour discuter de sujets philosophiques dans la convivialité, le respect et la curiosité.